Expatrée à un jeune âge, j'ai grandi dans un univers polyculturel et polyglotte, à Abu-Dhabi, en Angleterre et en Ecosse, puis au Lycée International de Saint Germain en Laye que j'ai intégré à mon retour en France.

 

De mes nombreux voyages pendant l'enfance et l'adolescence, j'ai retenu un gout pour la découverte de nouvelles langues et cultures mais surtout un désir profond d'appartenance. Mon intéret pour la danse et la musique orientales me vient de cette recherche de réappropriation de mes racines.

 

De mère pied-noir d’Algérie et de père sépharade de Tunisie, c'est avec mes cousines, lors de fêtes familiales, que je fais mes premiers pas de danse « orientale ». Je rencontre en 2002 la danseuse libanaise Lamia Safiéddine qui m'initie à la Danse Arabe Contemporaine, mettant l'accent sur la création et l'improvisation et m'offrant très tôt une expérience de la scène. Elle me transmet une esthétique particulière, en marge des paillettes du cabaret oriental classique. La meme année, je débute avec Safia Bouadan une formation en chant. Le chant est, à la différence de la danse, loin de m'etre naturel. Véritable rééducation respiratoire et corporelle, le parcours est long et difficile.

 

En 2005, je rencontre Anouk Hingant, Yasmine Louati et Nuria Rovira Salat en participant au spectacle de Lamia « l'Orient Autrement », au théâtre de l'Opprimé. La Compagnie Ambre voit le jour l'année suivante, co-créée à quatre danseuses-chorégraphes dans un esprit de partage et complicité, offrant à chacune son propre univers de création. Mon vocabulaire et mon approche de la danse s'enrichissent au contact de mes trois nouvelles collègues.

 

Pendant les années qui suivent, je me nourris également d'autres influences telles que les danses de Bollywood, les danses tziganes et le flamenco, grâce aux enseignements de Petia Iourtchenko (danse tzigane de caractère), Béatrice Lavielle et Simona Jovic (danse tzigane turque et des Balkans), Melsidjane Sezer (danses d’Anatolie, danses tziganes turques et des balkans), Maria Robin, , Sarah Avril, Emmeline Lovisi et Chanda Sapera, Senu Sapera (danse Kalbellia du Rajhastan), Alejandra Gonzalez (flamenco classique), ou Valérie Romanin (Flamenco Descalzo).

 

J'approfondis en parallèle ma connaissance des danses arabes traditionnelles et de leur expression contemporaine, auprès d'Alexia Martin, Marie Al Fajr et Saadiya Souyah. Par ailleurs, je rencontre en 2009 Hélène Juren auprès de qui je poursuis ma formation en chant, en axant le travail sur la respiration et les techniques vocales tziganes. Avec la Cie Ambre, je co-crée en 2006 le spectacle évolutif « Corps Elémentaires, quand la terre, le feu, l'eau et l'air dansent », dans lequel j'incarne le feu. En 2008 nait notre deuxième création, « Escales Orientales ou le voyage dansé en toute liberté », dansée deux ans à la Reine Blanche, et programmée entre autres à l'Espace Prévert-Scène du Monde. Je participe en tant que danseuse et chanteuse (choeurs) au conte musical de Safia Bouadan « l'Anneau de la Rose » de 2006 à 2008. Je rejoins en parallèle de 2009 à 2010 le spectacle de Sons du Monde « La Route des Fils du Vent » en tant que danseuse pour la formation tzigane du Sud des Balkans d'Aleksandar Petrov, aux côtés des Gitans Dhoad du Rajasthan et de Calle Cerezo Flamenco.

 

En 2011 Nous co-créons avec Yasmine Louati « Sororités, une rencontre arabo-tzigane » qui explore les liens entre les gestuelles et energies féminines des danses de ces deux répertoires. Je chante et danse également pendant 2 ans pour le groupe "Egzodo", formation éphémère au répertoire judéo-espagnol, qui se produira entre autres à la Bellevilloise. Je prépare en 2014 plusieurs projets collaboratifs avec les danseuses Valérie Romanin (flamenco descalzo) et Lucia Stella (danse contemporaine et jazz).

Egalement médecin généraliste, j'ai tenté un trait d'union entre mes deux mondes, en soutenant en mars 2011 une thèse sur la façon dont la pratique de la danse peut améliorer le vécu de la douleur, et en dévutant en 2015 une formation en ostéopathie faisant le lien entre mes deux pratiques.